Bruno Perramant
Or The Whale, épisode 3
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Or The Whale, épisode 3

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"Au de?part…  de petites toiles ou? la forme de la baleine est encore reconnaissable, identifiable. Puis, progressivement, des formes ovoi?des, dilate?es, tentaculaires ou en spirales se de?ploient sur les toiles, tandis que du fond des abysses surgit la Be?te innommable. Ici, la forme se dilate sur un grand tableau, alors qu’en son cœur me?me un autre petit tableau vient inse?rer la repre?sentation d’une cage thoracique, os et cœur – le cœur, de nouveau – que l’on devine palpitant sous les co?tes osseuses. Les taches colore?es jaune clair, roses, mauves, e?clatent comme des bulles a? la surface de la toile. La?, dans deux autres toiles pre?domine le chromatisme mauve. Dans l’une, l’œil e?carquille? de la baleine fixe le regardeur, tandis que dans l’autre se multiplient yeux et tentacules. Ailleurs, les toiles jouent sur circularite?s et dilatations : la Be?te s’e?panche, se de?ploie, telle une pieuvre parfois. Mais si la forme se dissout dans Or, The Whale, elle ne saurait pour autant se re?fe?rer a? « l’informe », cette cate?gorie – ou non-cate?gorie – promue par Georges Bataille. Car l’informe chez Bataille est toujours un acte puissant de ne?gativite? qui a a? voir avec la « bassesse » et la « transgression ». Rien de tel chez Perramant, chez qui l’informe de la baleine s’ave?re toujours d’une infinie douceur. L’un des triptyques les plus bouleversants est peut-e?tre en ce sens Le Lazare. Les formes marines s’y de?ploient de fac?on hypnotique, sur des fonds bleu dur, tandis qu’au cœur du triptyque advient un e?clat rouge sang – cœur de la baleine, cœur de la toile, cœur de la peinture. Vie et blessure tout a? la fois."

Dominique Baqué  Glissements progressifs de la peinture (extrait) Monographie Bruno Perramant Editions du Regard à paraître fin octobre 2017