Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh, Hesam Rahmanian
Night of Another Spring
Part I
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Night of Another Spring

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S’inscrivant dans une galaxie artistique qui explore des sujets aussi divers que le genre, le pouvoir, l’exil et la migration, le collectif artistique composé de Ramin Haerizadeh (né en 1975 à Téhéran), Rokni Haerizadeh (né en 1978 à Téhéran) et Hesam Rahmanian (né en 1980 à Knoxville) présente Night of Another Spring à la Galerie In Situ - fabienne leclerc.

Première exposition personnelle en France, Night of Another Spring comporte deux étapes. Un premier vernissage aura lieu le samedi 15 septembre et proposera un éventail de leur œuvre multidisciplinaire à travers des vidéos, des dessins, des collages et des peintures. Cela marquera aussi le début de leur résidence d’artistes à Paris, durant laquelle ils travailleront au sein de l’espace de la galerie pendant six semaines à produire des œuvres et des installations polymorphiques in situ qui seront données à voir au public samedi 20 octobre lors de Night of Another Spring: Part 2.

In Situ - fabienne leclerc proposera également une sélection d’œuvres de Ramin, Rokni et Hesam pendant la FIAC, du 17 au 20 octobre prochain.

Réunissant divers médiums, peinture, dessin, vidéo, performance, installations immersives, l’objectif de Ramin, Rokni et Hesam vise à une nouvelle définition du collectif, en état constant de mouvement et de mutation, invitant amis et collaborateurs – tant charpentiers et techniciens que penseurs ou aides à domicile – à intégrer leur travail. Se transformant en dastg?h, qui signifie « appareil » ou « machine » en persan mais désigne aussi une matrice mélodique dans la musique traditionnelle, les trois plasticiens développent une pratique collaborative qui n’élude pas, loin de là, les questions du pouvoir, de l’altérité, du déplacement et de la destruction.

Night of Another Spring: Part 1 s’articule autour de Reign of Winter, Big Rock Candy Mountain et Night of Another Spring, trois oeuvres dont les deux premières sont conçues comme des « peintures mouvantes » qui emploient un rotoscope de journaux télévisés transformé par les artistes. Des êtres hybrides apparaissent en lieu et place de formes humaines, les artistes en appelant à l’effet de distanciation de Brecht afin de recontextualiser des images auxquelles nous sommes peut-être devenus insensibles.

Le thème du Royal Wedding, incluant la peinture mouvante Reign of Winter et une série d’œuvres qui chevauchent la frontière entre le dessin, la peinture et le collage, est une autre déclinaison de l’intérêt pérenne de Ramin, Rokni et Hesam pour la subversion des notions dominantes de prestige et de légitimité. Déconstruction grotesque d’une image emblématique, The Royal Wedding est héritier à la fois du modernisme et du surréalisme.

Cette méditation sur la tension entre la culture savante et la culture de masse à travers l’utilisation de matériaux relevant tour à tour de l’artistique et du banal, incite le regardeur à s’attacher à des formes, des figures et des sujets absents de son champ de vision. Les artistes convoquent en toute liberté des stratégies rhétoriques et visuelles relevant de la distorsion, la subversion, l’inversion et l’obscuration afin de remettre en cause nos a priori. Fil conducteur dans l’œuvre de Ramin, Rokni et Hesam, la vie en toute sa plénitude – rencontre, conversation, phénomène naturel, événement… – participe de leur processus créatif.